À l’occasion de la sortie du nouvel album « Resonance », nous avons pu échanger quelques mots avec Acid Arab. On parle de l’aventure Acid Arab, des collaborations marquantes de l’album et de leur Zénith de Paris. Interview complète disponible dès maintenant !

Comment décririez vous Acid Arab en quelques mots ?
La manière la plus simple de présenter Acid Arab est probablement de revenir à notre nom.
Acid représente les musiques électroniques, notamment l’Acid House. Arab représente les musiques du monde arabe, mais aussi les influences turques, indiennes et plus largement toutes les musiques qui nous inspirent.
Le projet consiste à faire dialoguer ces univers et à traduire des gestes musicaux différents dans un langage commun.

Le terme « Résonance » suggère à la fois l’écho, la vibration et une certaine dimension technique. En quoi cet album fait-il résonner les différents héritages musicaux que vous utilisez dans vos morceaux ?
Je ne sais pas si cet album les fait résonner davantage que les précédents, mais c’est surtout notre manière de travailler depuis toujours.
On entre en studio avec des artistes venus d’univers différents et on essaie de faire résonner nos mondes ensemble pour créer un territoire musical commun : la musique d’Acid Arab.
Et puis le mot résonance, c’est aussi un clin d’œil à la TB-303. Sur cette machine, il existe un paramètre appelé « resonance » qui permet justement d’obtenir ce son acid caractéristique.
Le titre fonctionne donc à plusieurs niveaux : faire résonner les personnes, les cultures, les musiques électroniques, traditionnelles ou populaires, mais aussi faire référence à cet élément fondamental de notre identité sonore.
> Découvrez l’album « Resonance » juste ici <
Comment avez-vous préserver l’identité des différentes voix présentes sur l’album, qui vont du raï à des registres plus rock ou plus pop ?
Tout dépend des morceaux et des rencontres. Parfois, nous avons déjà une maquette et nous nous disons qu’il faudrait une voix avec un certain grain ou une certaine personnalité.
D’autres fois, nous avons l’opportunité de travailler avec un artiste précis et nous cherchons alors quel morceau lui correspondrait le mieux. Cela fonctionne dans les deux sens. Ce qui compte, c’est l’adéquation entre une voix, une énergie et un morceau.
Sur ce nouvel album, on retrouve plusieurs artistes déjà présents sur vos précédents albums. Est-ce que cette fidélité rend les collaborations plus fluides ?
Oui, complètement. Plusieurs artistes reviennent régulièrement dans l’aventure Acid Arab. Certains sont même présents depuis quatre albums. C’est génial de construire des collaborations sur le long terme. C’est comme une histoire racontée en plusieurs chapitres.
Et forcément, avec le temps, tout devient plus fluide. Il n’y a plus besoin de se découvrir, chacun comprend immédiatement ce que l’autre cherche à faire et à créer.
Votre musique est très liée au club et au dancefloor. Lorsque vous composez un morceau, est-ce que le test en club reste le juge de paix ?
Pour énormément de morceaux, oui. Nous les jouons en soirée et nous observons les réactions. Ensuite, nous les modifions, nous les ajustons.
Acid Arab reste un projet né du club et du DJing, donc cette dimension dancefloor fait naturellement partie du processus de création.
> Notre article sur « Atlas » en collaboration avec Cem Yildiz <
Est-ce que « Resonance » est l’album le plus orienté dancefloor de votre discographie ?
C’est peut-être la première fois qu’on arrive à jouer quasiment tout l’album en DJ set. On a déjà testé les trois quarts des morceaux en club, parfois même très régulièrement. Ce n’était pas forcément le cas sur les albums précédents.
Après, est-ce que c’est un album pensé pour le dancefloor ou est-ce que le dancefloor influence naturellement notre manière de composer ? C’est difficile à dire. Il y a probablement un peu des deux.
Sur les albums précédents, est-ce qu’il y avait des morceaux que vous adoriez mais qui ne trouvaient pas leur place en DJ set ?
Oui, totalement. Par exemple, « Soulan », avec Les Filles de Illighadad sur notre deuxième album.
Personnellement, je trouve que c’est une vraie réussite artistique. Pourtant, c’est un morceau qu’on a très rarement joué en DJ set. En revanche, ce morceau trouvait parfaitement sa place dans nos concerts live.
Parmi les nouvelles collaborations de « Résonance », laquelle vous a le plus surpris ?
C’est Cheba Ibtissem.
À l’origine, ce morceau reposait sur un sample trouvé sur YouTube et utilisé comme un simple DJ Tool, quelque chose destiné à être joué en soirée mais pas forcément publié. On aimait tellement ce morceau qu’on a voulu lui donner une vraie vie.
Nous avons essayé de remplacer le sample, mais cela semblait impossible tant nous étions attachés à cette version. Finalement, ce qu’a apporté Ibtissem est encore meilleur que ce que nous avions imaginé. Et ça, c’est une très belle surprise.
Une autre collaboration qui vous a marqué sur cet album ?
Le morceau qui clôture l’album avec Najwa Nimri. Nous ne la connaissions pas personnellement. Un ami commun nous a mis en relation et elle nous a envoyé une démo.
Elle est surtout connue comme actrice, notamment grâce à La Casa de Papel, mais elle avait envie d’explorer davantage la musique. Sa voix et le fait qu’elle chante en espagnol ont apporté quelque chose de totalement inédit dans l’univers d’Acid Arab. C’était une très belle surprise.
D’ailleurs, c’est votre premier morceau chanté en espagnol ?
Oui, et cela fait sens. Entre les influences arabes, andalouses et méditerranéennes qui traversent notre musique, cette langue trouve naturellement sa place dans notre univers.

crédit : Julien Mignot
Comment envisagez-vous l’après « Resonance » ?
Nous avons un très beau projet qui arrivera à la rentrée.
Nous réalisons la bande-son d’une exposition du photographe marocain Hassan Hajjaj au Philharmonie de Paris (plus d’informations sur l’exposition). C’est un projet que nous développons en collaboration avec lui. La musique sortira également en formats physiques, notamment en cassette et en vinyle.
Vous allez aussi jouer au Zénith de Paris. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
C’est excitant… et un peu flippant. Jouer à Paris nous impressionne toujours davantage qu’ailleurs.
Peut-être parce qu’il y a beaucoup d’amis, de proches et de gens que l’on connaît dans la salle. On a envie de faire plaisir à tout le monde. Et puis c’est une grande salle, donc un vrai défi. (billetterie)

> Acid Arab en tournée juste ici <
Un grand merci à Acid Arab pour cet échange ! Merci également à All Night Long pour l’organisation. Découvrez le nouvel album d’Acid Arab dès maintenant !
