
Née dans la durée et l’écoute du monde
Créé sur près de quatre années, « Là où passe la nuit » est un disque-puzzle, façonné patiemment à partir de fragments : voix chantée et parlée, synthétiseurs analogiques (Moog, Prophet), synthé granulaire, boîte à rythmes, piano, violon… mais aussi des sons du réel, captés au fil des déplacements de Louise grâce à son enregistreur portable.
Ici, chaque son porte une mémoire. Chaque texture devient un écho. Une écriture comme une expérience à part entière entre cut-up pour déconstruire et recomposer les textes, auto-hypnose pour accéder à des états de conscience modifiés, répétition, silence et lenteur comme matières premières.
Là où le temps se plie, là où l’on descend en soi
Cette oeuvre est un album que l’on traverse, plus que l’on consomme. Une trame d’un peu plus d’une heure où le temps se dilate, où l’espace se dissout, à la recherche de ce qui échappe : l’invisible, l’imprévisible, le silence intérieur.
Enfin, chaque titre agit comme une porte ouverte vers un paysage intime, une zone trouble faite de tensions, de textures, de respirations. Louise Roam ne guide jamais de manière autoritaire : elle accompagne et tient la main, dans ce qu’elle appelle une tendresse radicale vers une descente douce et lucide au cœur de soi.

© Chloé Nicosia
« Oiseaux et faons » : un éclat de poésie visuelle
L’album est accompagné du clip « Oiseaux et faons », prolongeant cette démarche contemplative.
À l’image de sa musique, Louise Roam conçoit elle-même ses visuels comme des fragments de rêve : images lentes, matières abstraites, instants suspendus, qui laissent le corps et l’esprit dériver.
Pensé pour une diffusion en octophonie, le concert spatialise le son sur huit enceintes, enveloppant le public dans un mouvement permanent. Le son circule, s’approche, disparaît, revient, comme une respiration collective pour une expérience totale.
Sans scène frontale, sans hiérarchie, Louise Roam se déplace au cœur du dispositif, questionnant la relation entre musique, espace et public. La lumière, la mise en scène et le son dialoguent pour créer un moment de réciprocité, où chacun devient partie prenante de l’œuvre.
Ce spectacle a déjà pris forme dans des lieux choisis pour leur dimension transdisciplinaire : Château Éphémère, T2G Gennevilliers, Maison Poème à Bruxelles… autant d’espaces où la musique devient expérience.
Découvrez « Là où passe la nuit » de Louise Roam !

