JAUZ - THE WISE AND THE WICKED
Le nombre de tracksLes collaborationsLa diversité musicaleLe fonctionnement par chapitreL'univers de l'album
9Note finale
Avis des lecteurs 3 Avis
6.5

Annoncé il y a plusieurs mois, le tout premier album de Jauz est sorti aujourd’hui. Intitulé « The Wise And The Wicked », ce projet se décompose en 4 chapitres et pas moins de 23 tracks (en comptant ces mêmes chapitres). Un long périple au cours duquel l’américain nous plonge dans divers styles musicaux allant de la base house à la techno. Un éventail musical remplit de quelques collaborations de qualité (DJ Snake, Snails, 666, Gerald Le Funk, Holy Groof,…).

PROLOGUE : THE WISE AND THE WICKED

Avant d’entrer pleinement dans son projet, Jauz propose une mise en bouche digne d’un conte. On y découvre une voix sombre parlant de notre existence et présentant le monde tels que Jauz le conçoit. Un monde dans lequel on trouve deux types de personnes : les sages et les méchants, autrement dit les deux faces de Jauz en personne. Une intro puissante qui débouche rapidement sur un drop violent avec ses gros kicks et ses sonorités bass. Cela annonce d’entrée le style de l’album sans être trop brutal pour autant.

Au sein de ce prologue, on retrouve deux autres tracks dont « In The Zone » avec Example dévoilée il y a plusieurs semaines. Mis à part ce single, Jauz dévoile une autre collaboration, cette fois-ci avec Tisoki intitulé « Babylon ». Un track encore une fois très sombre où la voix de Tisoki vient instaurer une ambiance orientale, le tout rythmé par un drop très gras. Une première collaboration de réussie.

CHAPTER 1 : DISCOVERY (THE WISE)

Le voyage continue avec 3 nouveaux tracks. Encore une fois, nous en connaissons d’ores et déjà un, il s’agit de la collaboration avec Kiiara Diamonds »). Une collab qui nous avait étonné d’ailleurs puisque l’on retrouvait l’américain dans un style bien différent de celui pour lequel il était connu. En effet, ce single taillé pour la radio adopte un rythme beaucoup plus chill avec des vocal chop au moment du drop. Ce premier chapitre semble en tout cas regrouper des tracks plus douces, un style que Jauz semble en tout cas maitriser et apprécier. « Soldier » avec le duo Krewella le prouve à merveille, le single compte une fois de plus des vocal chop appuyé par des sonorités de guitares, le tout ponctué des sublimes voix du duo féminin. « Eager » avec fabrice est plus brut, les sonorités y sont différentes mais le résultat reste le même et colle bien à l’identité de ce premier chapitre.

CHAPTER 2 : WICKED NATURE (THE WICKED)

Tandis que le premier chapitre peignait le côté très sage de Jauz avec des tracks chill, ce deuxième chapitre nous plonge dans une atmosphère bien plus sombre où l’on retrouve le véritable Jauz selon certains. Cela se ressent dans les différentes tracks comme « Motherfucker » avec Snails que l’on connaissait d’ores et déjà. Mais c’est également le cas avec « Get Widdit », belle découverte de l’album. Le vocal qui nous rappelle les « Foreign Beggars » nous emmène doucement vers un drop bass house rythmée et diversifiée, proche de ceux que peut nous concocter ATRIP ou Gerald Le Funk que l’on retrouve notamment sur l’album.

Dans ce même chapitre, Jauz sort très clairement de sa zone de confort avec « Acid or Techno », un track techno comme son nom l’indique. On reste moins fan de ce single mais fort est de constater que l’américain de diversifie de plus en plus. 

CHAPTER 3 : THE SEARCH FOR MEANING (THE WISE)

Dans ce troisième chapitre, Jauz semble nous montrer que les sages cherchent le sens de leur existence et à travers les tracks de cette partie de l’album, on commence à tomber dans un champ musical à la fois doux et rythmé, le mélange complet ayant lieu dans le chapitre suivant. Que cela soit pour « Frequency », « Rave With Me » ou « Fade », on retrouve à chaque fois un vocal apaisant ainsi qu’un drop puissant où les lead et les styles musicaux se diversifie tous autant que les autres (bass house / drum’n’bass). Par la même occasion, on découvre plusieurs chanteurs comme Ducky et Mike Waters, des choix de qualité de la part de Jauz.

CHAPTER 4 : BECOMING UNITED (THE UNITED)

Dernier chapitre de l’album, cette fois-ci, les deux personnalités de l’américain se réunissent. Un mélange qui se ressent dans les 7 derniers tracks de l’album. Que cela soit sur « Gassed Up » avec DJ Snake, « Keep The Rave Alive » avec Lazer Lazer Lazer ou encore « Super Fly » avec 666, la puissance est folle et les kicks et sonorités sont par moment démentielles. En dehors de ces trois hits, on découvre 4 nouvelles collaborations. Parmi ces dernières, on citera notamment « On Fire » qui ressemble dans sa construction aux singles des Loge 21, un track très entrainant.

On peut également mettre l’accent sur celles avec Gerald Le Funk, véritable figure montante de la scène bass house mondiale. Après avoir été sur Mad Decent avec ATRIP, le jeune homme se retrouve avec Jauz sur son projet le plus abouti. Une ascension fulgurante non démérité, leur collaboration est un petit bijou très varié alternant plusieurs lead et sonorités. Pour finir, Jauz met également un autre jeune talent à l’honneur avec Holy Goof. Connu notamment pour son remix de « God’s Plan » de Drake, le jeune artiste nous en met également plein la vue avec un track de qualité qui pour le coup ressemble énormément au single « Cellphone » des Loge 21.

Pour son tout premier album, Jauz aura donc fourni un travail titanesque. Au-delà des tracks, l’américain a crée tout un univers retraçant ses différentes personnalités musicales. Un voyage dans lequel il aura exploité de nombreux styles musicaux montrant son envie de diversification. Si l’on connaissait déjà une grande partie des tracks, on découvre avec ce projet plusieurs nouveaux bangers et chanteurs. Jauz aura pris son temps avant de sortir cet album mais on comprends désormais pourquoi. Une nouvelle étape de franchie dans la carrière de ce dernier.

L’ALBUM EN ENTIER (SPOTIFY)