C’est LA question du moment pour tous les professionnels du milieu et les fans. Les festivals de cet été vont-ils être maintenus ? La rédaction de HandsUp fait le point ici.

concert tests

Des expériences menées partout dans le monde : les concerts-tests


La question du maintien des festivals est au cœur des préoccupations. Pour les professionnels mais aussi les fans de musique. En Europe, des expériences sous forme de « concerts-tests » sont menées. On a sélectionné deux exemples : l’Espagne et l’Allemagne.  Quels en sont les résultats ? Que pouvons-nous en conclure ?

En août à Leipzig :

C’est l’Allemagne qui a ouvert le bal des concerts-tests. L’Université de Halle a mené le samedi 22 août une gigantesque expérience grandeur nature. C’est un chanteur pop célèbre, Tim Bendzko, qui a accepté de se prêter au jeu. Au total, ce sont 3 mini-concerts sous différents formats qui ont été donnés dans une grande salle. Plus ou moins de spectateurs, plus ou moins de distances entre eux et plus ou moins de mesures d’hygiène. Le but était de donner l’occasion aux scientifiques et chercheurs de déterminer l’organisation optimale en vue d’éviter une contamination générale.

Les volontaires qui ont participé ont dû présenter un test négatif (récent) et leur température a été prise à l’entrée de la salle. Ils portaient tous un masque FFP2 et étaient équipés d’un appareil qui traçait tous leurs mouvements et contacts au sein de la salle. Des produits fluorescents ont également été utilisés. Objectif : déterminer quelles surfaces les participants touchent le plus. Il y a eu également une étude des trajectoires des aérosols exhalés par les spectateurs (vous savez, ces particules qui joueraient un rôle déterminant dans les contaminations selon les scientifiques ?).

Les résultats de cette expérience (à retrouver en détail ici)

  • Le nombre de contacts durant plusieurs minutes est faible pendant l’événement et peut être réduit par des mesures d’hygiènes renforcées.
  • C’est uniquement lors de l’admission sur site et lors des pauses que le plus grand nombre de contacts a lieu. Il faut donc se concentrer sur une organisation optimisée. Le manque de ventilation accroît le nombre de personnes exposées.
  • Environ 90% des participants ne sont pas freinés par l’idée de porter un masque et sont prêts à continuer de le faire pour participer à de tels événements.

En décembre à Barcelone :

La ville de Barcelone et le Festival Primavera Sound sont à l’initiative. 500 personnes au total se sont réunies le 12 décembre dans la salle Apolo (avec une capacité de 900 personnes). L’événement, très encadré avait mis en place de nombreuses mesures de sécurité. Chaque participant s’est fait tester au préalable et un test antigénique à l’entrée négatif était obligatoire pour entrer dans la salle.

Deux groupes ont été formés parmi les personnes qui ont voulu tenter l’expérience (1 000 au total). Un groupe qui resterait à l’entrée. Et un groupe à l’intérieur, pour assister au concert de 5 heures.

Le masque FFP2 était aussi de la partie, la ventilation développée et une température ambiante sous contrôle permanent. Des agents de sécurité étaient chargés de faire de leur mieux pour éviter les files d’attente devant la salle et devant les toilettes. Seule mesure qui n’a pas été imposée : la règle de la distanciation sociale (à part au bar et dans les zones fumeurs). Les spectateurs pouvaient aussi danser à l’intérieur.

Les résultats de l’expérience (à retrouver en détail ici)

Parmi le groupe qui a assisté au concert, aucun cas de covid n’a été détecté. Seulement deux cas ont été détectés dans le groupe qui n’y a pas assisté. « Le fait d’assister à un concert de musique en direct mis en place avec une série de mesures de sécurité comprenant un test négatif pour le SRAS-CoV-2 effectué le même jour, n’était pas associé à une augmentation des infections à la Covid-19 », selon les scientifiques.

On reste globalement sur des expériences très positives qui ont apporté des pistes intéressantes.

concert masques

Deux concerts-tests à Marseille : un pas de plus vers les festivals de l’été ?


Inspirée de ces réussites, notamment la réussite de l’expérience barcelonaise, c’est au tour de la France de se lancer. La Ministre de la Culture, au micro de France Info, l’assure « On va en discuter avec les professionnels pour voir comment on pourrait avancer avec des conditions qui sont effectivement très strictes, qui imposeraient au minimum le fait d’avoir un test négatif pour rentrer dans les salles. Je trouve que ce serait une excellente chose ».

Depuis le 15 janvier, on apprend que c’est à Marseille que vont se dérouler deux événements-tests au mois de février. Plus précisément au Dôme. Cette expérimentation est portée par Do3me (un collectif de médecins, directeurs de salles de concert, organisateurs de festival). Ces deux concerts, regrouperont près d’un millier de personnes. Les modalités de l’expérimentation sont en cours d’étude. C’est l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) qui financera le projet. Les concerts auront lieu après le 15 février. Des professionnels encadreront l’expérience afin de collecter les données et analyser ses résultats.

On suit de près l’avancée du projet. Il reste désormais à savoir quelles en seront les modalités : mesures d’hygiène, distanciation, jauge…

Y a-t-il encore de l’espoir ?


Le gros souci, c’est que la problématique est large. Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte pour répondre à cette question. Tout d’abord, le virus évolue de façon aléatoire : au niveau des formes qu’il peut prendre, les variants que l’on connaît aujourd’hui, mais aussi au niveau de sa propagation. Il est difficile de prévoir en avance la situation à l’instant exact où ces festivals auront lieu, quel sera l’état sanitaire de la France.

Pourquoi on reste positifs pour les festivals de l’été :


Chez HandsUp, on essaye d’être les plus optimistes possible ! Déjà, avec les concerts-tests de Marseille, on va pouvoir collecter beaucoup de données. Les analyser et surtout les comparer avec les expérimentations déjà réalisées en Europe.

De plus, la campagne de vaccination aura (on l’espère) avancé. Le vaccin, c’est peut-être l’une des solutions pour freiner considérablement l’épidémie ? Les concerts-tests vont se développer, on le souhaite, de façon accrue. L’objectif est que, d’ici le mois d’avril nous ayons assez de données à comparer et analyser. Ces expériences nous donnerons de la matière pour pouvoir avancer.

Parmi les hypothèses actuelles, celles d’un test PCR préalable et un test antigénique sur place restent dominantes. Des conditions optimales concernant l’aération du lieu (qui ne poserait donc pas de problèmes pour les festivals plein-air) et une gestion des files d’attentes et points de rassemblement (toilettes, bar, zones fumeurs).

On a évoqué également l’idée d’un passeport sanitaire (généralisé à tous, peu importe pour quelle activité) qui créé un débat mais qui a été écarté par le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors du 20H de TF1 le 22 décembre.

Ce qui manque, c’est le temps !


Toutefois, il reste important de souligner que pour les acteurs du secteur, il faut des réponses rapides. Car un événement ne se monte pas en quelques jours : créer des partenariats, gérer des productions techniques : cela demande des mois entiers de préparation. Le HellFest a notamment adressé une lettre ouverte à la Ministre de la Culture. Les organisateurs tirent la sonnette d’alarme : « Madame la ministre excusez notre ton familier mais, de notre côté, on ne croise pas les doigts, on serre les fesses : NON, nous n’avons pas le temps et il est urgent que vous en preniez conscience. » 

Certains grands évènements annulent déjà leur édition 2021. D’après le Billboard, l’Ultra de Miami est annulé. Sans grande surprise, car les organisateurs ne communiquaient plus depuis mars 2020. De plus, le Glastonbury, très gros évènement du Royaume-Uni (qui a été durement touché par l’épidémie) a annoncé également l’annulation de son édition.

Alors on suit de près l’évolution de tout cela, et on vous tient au courant des nouvelles avancées ici