« Allez Francis ! » Comme si le doute existait. Rares aujourd’hui sont les DJ introduits sur scène par un speaker qui chauffe la salle et encourage… l’artiste lui-même. Mais tout est unique avec Francis Mercier dans un Zénith de Paris bouillant, drapeaux libanais, tunisien, marocain et bien sûr haïtien flottant dans la foule, pour le show solo européen le plus important de sa carrière.

Un début en trombe !


Trois heures de set, des invités de marque et un show produit par High Scream, s’il faut encore les présenter, la société de production aux près de 100 salariés répartis à Londres, Ibiza, Dubaï et Miami, de Romain Pissenem, grand monsieur du monde de l’électro.

Tout était réuni samedi pour une date mémorable et ensoleillée, signature de Francis Mercier et son label « Soley » du nom en créole de l’astre de feu.

Francis Mercier joue Edith Piaf en introduction !


« Non, rien de rien… ». Après la première partie assurée en B2B par DJ Bullet et DJ K9, deux protégés de la star du soir, l’immense soleil en néons, triomphant au-dessus de la scène centrale, s’illumine.

Les notes de l’hymne d’Edith Piaf résonnent, Tiestö avait eu la même idée en intro de son set de support au « Final Show » de DJ Snake au Stade de France, puis un simple vocal « You got to show me love ».

L’art des mélanges, Mercier, entre son enfance à Haïti, son vécu à New York et ses voyages à l’international, en est un spécialiste de haut rang. Enfant du monde, DJ sans frontières. Les inspirations et les sonorités sont afro-américaines, orientales, caraïbéennes et maghrébines. Promesse d’une grande fête dès la promo à coup de shooting à la tour Eiffel, balades en taxi dans la capitale, match de foot entre fans…

Le Zénith danse, jump. L’introduction très clubbing amorce un premier tableau dansant. Vêtues de costumes et accessoires multicolores, elles sont quatre à grimper sur scène. Francis Mercier déroule la machine à tubes avec « Ayibobo » puis « Miracle » en compagnie de Nadrums et Neyl.

Le premier, percussionniste et le second, guitariste (t-shirt des Doors sur les épaules) l’accompagnent partout. Nous les découvrions, énergie débordante, lors de la résidence de Francis Mercier à Club Chinois (Ibiza) l’été dernier. Cette année, ils mettront le feu au dancefloor du , 4e club du monde, lors de sa nouvelle résidence, les lundis de juin à octobre, sur l’île blanche. Il était d’ailleurs, dès ce dimanche, à l’Ushuaïa pour le week-end des « opennings », l’un des temps forts de la saison.

Légendes haïtiennes


Retour à Paris. Le DJ aux lunettes de soleil lance « Halala », un classique de sa discographie signé avec Amadou & Mariam, et emprunte le dernier carton d’ANOTR « Talk to You », en pôle position pour devenir le hit de l’été 2026. S’en suit « Imamou », et l’apparition, debout devant les platines, des Boukman Eksperyans.

Ce nom ne vous dit peut-être rien, il s’agit pourtant de l’un des plus grands groupes haïtiens, reconnu dans le monde par une nomination aux Grammy Awards au début des 1990. Un moment hors du temps, 10 minutes de fête, de danse, de communion sur « Ke M Pa Sote », leur plus grand titre.

Des îles caraïbes, on file au Maghreb. Les transitions vous font voyager. « Yababa (Tunisian Remix) », puis un titre d’Afrojack remixé, et la chanteuse et DJ franco-sénégalaise Awen débarque. Une voix puissante, deux tracks envoutés.

Le soleil se rallume. Quelques lines empruntées à Keinemusik mènent à l’improbable mashup du remix de « Magic in the Air », célèbre titre des Magic System, couplé au vocal de « Diamond » de Rihanna. Du Mercier tout craché. Et un premier bain de foule pour le chef d’orchestre, haut sans manche, pantacourt effet déchiré et Converses noires. Tout un style.

Le Triangle des Bermudes « Charge » le Zénith


Il n’est que 22h30. Pas question de faire une pause, ce serait louper un tube. « Premier Gaou » fait encore montée la température, certes, sans les chanteurs cette fois (Magic System avait rejoint Francis Mercier lors de son show à l’Olympia en 2025). Mais qu’importe, la soirée est belle, les invités se succèdent toute la soirée comme la chanteuse nigériane pop Kah-Lo. On entend aussi les « youhou » retentir. Des samples de rap US, les « Se Se Se » du titre de Mercier puis trois artistes font irruption.

« Charger ! » Parce qu’il fallait compter sur le Triangle des Bermudes pour ajouter quelques degrés supplémentaires à la célèbre salle du Parc de la Villette, dans le 19e arrondissement.

Le trio jouera également sa collaboration « Nao Entende », Francis Mercier aux commandes, comme une évidence. Et puis, il y a eu ce titre d’Adèle, sorti de nulle part, les lunettes retirées quelques secondes, un classique de Moby retravaillé, du Bad Bunny le tout perfusé aux percussions et à la guitare électrique.

Pas facile de conclure un tel set. Trois heures, on a dit. Tout de blanc vêtu, chapeau noir vissé sur le crâne, il fallait bien une légende pour parfaire ce show : Wyclef Jean messieurs dames. « No Woman no Cry », « Ready Or Not », celui qui figure sur le nouvel album de Sofiane Pamart et qu’on connaît également pour son featuring avec Avicii (« Divine Sorrow ») conclut : « Il est le DJ numéro 1 », pointant son pote Francis, sourire ineffaçable aux lèvres, collier en forme de soleil autour du cou, forcément.

Et Wyclef s’en va. « You got to show me love » de l’intro à l’outro, fait son retour. Les trois heures de spectacle touchent à leur fin, avant un after all night long au Yoyo puis un vol vers Ibiza. La boucle est bouclée.

Pas de déclaration ce soir, le public n’en n’avait pas besoin. « Les vrais savent » comme on dit, les soirées « Soley » de Francis Mercier sont une expérience, la définition de la fête, un moment de « love » où les drapeaux et les communautés se mélangent. L’iconique sample résonne plus que jamais. « Merci Francis. »

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