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Interview Solone : « J’ai voulu revenir à quelque chose de spontané »

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À l’occasion de la sortie de l’EP « Core Memories », nous avons pu échanger quelques mots avec Solone. On parle de son projet musical, de sa vision de l’IA dans la musique et de son collectif ContrePoint. Interview complète disponible dès maintenant !

Pour commencer, comment vas-tu ?


Ça va très bien. Mon nouvel EP est disponible partout, donc je suis très content.

Solone - Core Memories

Comment est né le projet Solone ?


Je produis de la musique depuis une dizaine d’années et je suis musicien depuis mon plus jeune âge. J’ai fait le conservatoire et je joue du piano depuis l’âge de six ans.

Naturellement, j’avais l’envie de produire mes propres morceaux, seul, sans avoir besoin d’aller en studio. J’ai donc appris à utiliser Ableton Live, j’ai acheté mes micros, mes synthés et tout le matériel nécessaire au fil du temps.

Le projet est né il y a environ trois ans. Je composais déjà sous ce nom auparavant, mais comme j’étais constamment en tournée, je n’avais pas vraiment le temps de me concentrer dessus. C’est la sortie de l’EP « Broken »  qui a marqué le lancement de mon projet.

Si tu devais faire découvrir Solone à quelqu’un qui ne te connaît pas, quel titre lui ferais-tu écouter ?


Je lui ferais écouter « I Remember » ou « Core Memories », les deux morceaux du dernier EP. 

Ce sont des titres qui conservent l’identité de mes premiers projets, tout en intégrant le tournant plus pop qui accompagne cet EP.

Si tu devais définir ton identité musicale en trois mots ?


Rythme impactant, mélancolie et touchant.

Tu as récemment sorti ton EP « Core Memories ». Qu’est-ce qu’il représente pour toi ?


C’est un EP de rupture, dans tous les sens du terme.

Il parle évidemment de rupture amoureuse, du deuil et de la fin d’une certaine période de vie. Mais c’est aussi une rupture avec ce que je faisais auparavant.

Pendant plusieurs années, j’ai essayé de m’adapter à l’industrie et de plaire à certains gros labels qui gravitent autour du projet. J’ai fini par m’enfermer dans des choses qui ne me ressemblaient pas.

Avec cet EP, j’ai voulu revenir à quelque chose de spontané. Je l’ai composé en seulement deux ou trois mois, sans me poser de questions. C’est un véritable renouveau.

Streaming

Tu as fondé ContrPoint. Quelle est la vision derrière ce projet ?


Pour le moment, ContrPoint n’est pas un label mais un collectif basé à Clermont-Ferrand.

Nous regroupons plusieurs producteurs, DJs, ingénieurs du son et techniciens. Aujourd’hui, notre activité principale consiste à organiser des événements dans des lieux atypiques. (plus d’informations juste ici)

Par exemple, notre dernière soirée a eu lieu dans une salle d’escalade, avec du mapping vidéo projeté sur les murs.

À terme, nous aimerions développer ContrPoint en label afin de sortir les morceaux des artistes du collectif, tout en exportant nos soirées en dehors de Clermont-Ferrand.

Quel artiste t’a mis une claque récemment ?


Musicalement, Vegyn m’a mis une énorme claque. J’ai redécouvert son travail, notamment autour du projet Blue Moon Safari.

Et si je peux en citer une deuxième, Arlo Parks (notre dernier article sur Arlo Parks). Son dernier album est extraordinaire. Il mélange break, trip-hop et electronica, soit exactement ce que j’aime.

Aujourd’hui, être un artiste émergent, c’est quoi le plus compliqué ?


Le plus difficile, c’est de sortir du lot. Il y a énormément de contenu, sur les réseaux sociaux comme sur les plateformes de streaming, et beaucoup de très bonnes choses.

La vraie question est : comment réussir à se démarquer ? Comment trouver son public et rayonner au-delà de sa ville ?

À Clermont-Ferrand, le projet commence à être bien identifié. Mais le défi, c’est de dépasser ce cadre local. Même lorsqu’on est accompagné, comme c’est mon cas, cela reste compliqué.

> Notre article sur l’EP « Core Memories » <

Quel regard portes-tu sur l’intelligence artificielle dans la musique ?


Je pense que l’IA peut être un excellent outil lorsqu’elle sert à faire gagner du temps. Par exemple, pour préparer une session d’enregistrement, organiser automatiquement des pistes, ou simplifier certaines tâches techniques.

En revanche, dans la création artistique, c’est plus inquiétant. Ce qui compte dans l’art, c’est la démarche, le temps investi, le processus de création. J’espère que les gens resteront attachés à cela.

C’est pour cette raison qu’il devient important de montrer les coulisses, les making-of, et d’expliquer comment les morceaux sont créés.

Aujourd’hui, l’IA me fait un peu peur, notamment parce qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer ce qui est réellement créé par un artiste.

Les réseaux sociaux sont-ils une contrainte ou un plaisir ?


C’est à la fois une contrainte et un plaisir. Je refuse de produire du contenu simplement pour produire du contenu. Si j’ai une bonne idée ou si quelque chose me paraît sincère, alors je le fais avec plaisir.

Ce que je trouve intéressant aujourd’hui, c’est le contenu authentique : peu monté, spontané, naturel. Faire du contenu vide de sens ne m’intéresse pas. Je préfère consacrer mon temps à la musique.

Quelle est la prochaine étape pour Solone ?


Je travaille déjà sur de nouveaux morceaux. Mon objectif est également de décrocher davantage de dates et de développer davantage le live.

À partir de la saison prochaine, j’aimerais être accompagné d’un batteur sur scène afin d’apporter une nouvelle dynamique au projet. Il y aura peut-être aussi une date parisienne d’ici la fin de l’année, mais rien n’est encore confirmé.

Si tout se passe comme prévu, à quoi ressemble Solone dans deux ans ?


Je ne cherche pas à faire des millions d’écoutes.

Mon objectif est plus simple : pouvoir vivre plus sereinement de mon projet, faire une grande partie de mon intermittence grâce à mes propres dates, et conserver suffisamment de temps pour créer. J’aimerais être davantage sur la route, car la tournée me manque énormément.

Solone

Quel est ton plat préféré ?


Le couscous. Et le meilleur, c’est celui de ma mère. Mes origines sont marocaines, mais honnêtement, tous les couscous sont excellents.

Recette couscous marocain traditionnel : secrets et astuces

Un dernier mot pour la suite ?


Je profite pleinement de ce moment et je travaille déjà sur la suite. D’autres sorties arriveront, c’est certain.

Un grand merci à Solone pour cet échange ! Merci également à Laetitia pour l’organisation. Découvrez l’EP de Solone dès maintenant !

 

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