A l’occasion de la sortie du nouvel EP de remixes du titre phare « Intro » à l’occasion des 25 ans, nous avons eu la chance d’échanger avec Alan Braxe & Fred Falke. Un moment autour du succès du titre phare « Intro »,  de la célébration au Rex Club et de leurs rencontres. Interview disponible dès maintenant !

Comment en êtes-vous arrivés à faire de la musique ensemble ?


Fred Falke :
On s’est rencontrés en service dans un régiment de l’Armée de l’air. On s’est côtoyés quelques mois puis on s’est retrouvé quelques années plus tard, un peu par hasard, dans un magasin de musique vintage à Toulouse pour chiner des vieux synthés. Alan était là ce jour-là.

On a repris contact, puis très vite, comme on aimait tous les deux les machines et la musique, Alan me dit : « Viens, j’ai un studio chez moi, une boîte à rythmes… ». Moi j’avais surtout des synthés, des guitares, des basses. C’est comme ça qu’on a commencé à faire de la musique ensemble.

« Intro » est le premier single que vous sortez ?


Alan Braxe :
C’est la première chose qui s’est matérialisée sur un disque. Mais ça faisait déjà quelques mois qu’on travaillait ensemble. On faisait des sessions assez souvent de façon informelles et sans but précis.

On accumulait des démos. Puis ce morceau est arrivé naturellement. Il s’est fait très simplement, on l’a bouclé en une journée. On s’est dit que ça valait le coup de le sortir.

Intro - Alan Braxe & Fred Falke Crédit photo - Philippe Levy

Crédit photo – Philippe Levy

Qui a eu l’idée de ce sample devenu mythique ?


Alan Braxe :
Le sample, je l’ai trouvé sur un vinyle que j’avais récupéré. J’écoutais le disque un matin à la recherche de samples : drums, boucles, peu importe. Et d’un coup, je suis tombé sur « Crush On You » de The Jets.

J’ai commencé à programmer la rythmique, puis je suis allé directement chez Fred lui faire écouter. On s’est dit que l’une de ses spécialités, la basse, prendrait toute sa place sur cette démo.

Fred Falke :
Alan est arrivé avec le sample, la boucle, la rythmique déjà prête. Le sample vocal prenait déjà beaucoup de place, parce que les harmonies sont riches. On s’est très vite dit qu’on allait ajouter une basse. On n’a pas cherché à rajouter des accords ou autre chose. J’ai pris une basse au hasard dans mon rack. Rien n’était réfléchi. On travaillait vraiment à l’instinct. Souvent, les gens me parlent de cette basse mythique. Mais honnêtement, c’est sûrement juste parce que c’était la plus proche de moi quand j’étais assis.

C’est peut-être ça qui fait la magie du morceau ?


Fred Falke :
Oui, d’une certaine manière. On a toujours travaillé comme ça : rapidement, à l’instinct. À l’époque, les outils imposaient ça. Sauvegarder était compliqué, il fallait sauvegarder sur vingt machines différentes. Donc il fallait avancer vite, sans trop réfléchir. Quand on fait de la musique, comme dans n’importe quel art, il y a un moment où quelque chose arrive. Il faut que ça se cristallise tout de suite.

Selon vous, pourquoi « Intro » fonctionne encore aussi bien aujourd’hui ?


Fred Falke :
On a trouvé une formule… mais on ne la dévoile pas. :rires:

Alan Braxe :
Parce qu’il n’y a pratiquement rien dans le morceau. Un kick, une percussion, le sample vocal, la basse de Fred. En termes de production, c’est dérisoire. Il n’y a aucun artifice de production typique des années 2000. C’est brut. Donc soit ça passe, soit ça casse. Et là, ça passe, parce que le morceau n’est pas enfermé dans une époque. C’est comme un jean : ça traverse le temps. On a accepté la simplicité. On l’a fait en une journée, sans chercher à aller plus loin.

Fred Falke :
Je pense aussi que le morceau était bizarre à l’époque. La voix, l’harmonie, la basse… Mais on ne s’est pas posé de questions. On a aimé ce truc, donc on l’a sorti comme ça. Quand on est artiste, il faut faire des propositions sincères. Faire un morceau qu’on aime soi-même d’abord. Les morceaux pensés uniquement pour plaire sont souvent marketés dès le départ. Et ils restent attachés à une époque. « Intro », lui, a été fait dans une bulle.

Release Packshot

Pour la réédition, vous vous êtes imposé des contraintes pour les remixes ?


Alan Braxe :
Aucune ligne directrice. On s’est juste dit qu’on allait chacun faire un remix. C’était intéressant de voir deux approches différentes. C’est un peu intimidant parce que le morceau est déjà bien tel qu’il est. Mais on l’a abordé avec simplicité, en essayant de retrouver l’état d’esprit de l’époque.

Fred Falke :
L’idée, ce n’était pas de se freiner, au contraire : carte blanche. Et 25 ans plus tard, c’était le bon moment pour le réattaquer avec des oreilles fraîches. Se remixer soi-même, c’est souvent compliqué. Là, c’était amusant.

> Article complet sur la réédition ! <

Intro - Alan Braxe & Fred Falke

Quand vous produisez, est-ce que vous regardez ce qui se fait autour ?


Alan Braxe :
Non. Déjà à l’époque, en 2000, beaucoup de morceaux étaient construits pareil : cymbale au premier temps, fill toutes les seize mesures… On n’a jamais vraiment regardé ce qui se faisait ailleurs. On était dans notre bulle. Et pour ces remixes, pareil : ni l’un ni l’autre n’a écouté ce que d’autres avaient fait.

Fred Falke :
Non, jamais. Et quand je travaille avec des jeunes, je leur conseille souvent ça : il faut se mettre dans sa bulle au lieu de chercher immédiatement « le son du moment ». Si tu copies un morceau qui vient de sortir, tu as déjà un train de retard car il a été fait il y a plusieurs mois. En plus, le son du moment peut souvent mal vieillir avec le temps. Il faut faire quelque chose dont toi, tu seras fier.

Avec le recul, le titre « Intro » vous a ouvert des portes ?


Fred Falke :
On n’a jamais essayé de refaire « Intro ». On ne s’est jamais dit : « On va refaire un morceau avec un sample et une basse ».

Quand tu écoutes toutes les sorties qu’on a faites sur Vulture Music, chaque morceau a une approche différente. Aucun n’est un clone d’un autre. C’est surtout l’extérieur qui demande ça. On l’a vu aussi après « Music Sounds Better With You » : il y a eu toute une vague de clones.

Peut-on s’attendre à de nouvelles collaborations entre vous ?


Alan Braxe :
Strictement aucune idée ! :rires:

Fred Falke :
C’est comme le reste : si ça doit venir, ça viendra naturellement.

rexclub_alanbraxe_fredfalke@raphael.chene

@raphael.chene

Vous fêtez cet anniversaire au Rex Club. Ça représente quoi pour vous ?


Fred Falke :
Moi, je n’y ai jamais joué. Donc rien que ça, c’est mortel. Le Rex Club, c’est iconique.

Alan Braxe :
C’est un lieu symbolique. On joue un jeudi soir, ce qui est encore plus symbolique. On voulait vraiment cette date comme une fête d’anniversaire entre amis… sauf qu’elle est ouverte au public. Et le Rex semblait l’endroit parfait pour célébrer cet anniversaire.

Pour cette soirée, vous avez invité Mira Lo et Valentine Groove. Cela fait longtemps que vous travaillez avec ?


Alan Braxe :
Je connais Mira Lo. Valentine Groove, je vais la rencontrer ce soir. Je suis content d’avoir un line-up éclectique, mais aussi avec une différence de génération. Ça nous tenait à cœur de réunir les anciens et la nouvelle génération.

Intro 25th Anniversary: Alan Braxe B2b Fred Falke & More Cover

Votre dernière claque en live ou DJ set ?


Fred Falke :
J’ai vu Foals en festival. Une claque. Un son incroyable, une énergie folle. Parfois, en live, on peut être déçu par rapport à l’album. Là, pas du tout. C’était énorme.

Alan Braxe :
Moi je dirais Justice. Je les ai vus plusieurs fois aux États-Unis. C’est un très beau spectacle, divertissant pour les yeux et les oreilles. Et la manière dont ils retravaillent leurs morceaux pour en faire un immense mashup est vraiment impressionnante.

Une recommandation musicale chacun ?


Fred Falke :
Dans les promos récentes, il y a un artiste qui s’appelle Known Artist. J’ai beaucoup aimé. Ça m’a rappelé des sons d’époque, mais avec quelque chose de moderne. Très cool.

Alan Braxe :
Rien à l’esprit comme ça. Et pour être franc, j’écoute relativement peu de musique.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter aujourd’hui ?


Fred Falke :
Bon anniversaire ! Fêter les 25 ans d’un morceau, c’est quand même très mignon.

Alan Braxe :
C’est une belle histoire humaine. Et c’est fou de voir une jeune génération venir aujourd’hui écouter un morceau qui existait peut-être avant même leur naissance. C’est ça qui est beau.

Fred Falke :
On verra s’il y a un cinquantième anniversaire !

Un grand merci à Alan Braxe et Fred Falke pour cette interview juste avant la date exceptionnelle au Rex Club. Merci également à Simon de Piola Music pour la réalisation de l’interview et à Constance de Domino Music pour l’organisation de la rencontre. N’hésitez pas à découvrir le nouvel EP des 26 ans du titre « Intro ».

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