Lors des 3 ans de Hup Records, au Bistrot St So à Lille, on a pu rencontrer Umbree et lui poser quelques questions pour cette interview. L’occasion de revenir sur ses débuts, sa position vis à vis des réseaux sociaux, ou encore sa marque de vêtements Komi !

📸 Sébastien Pellissier

📸 Jordan Marchand

Salut Umbree, content de te recevoir ici ! Peux tu te présenter ainsi que ton projet musical ?


Yeeeeees ! Alors je m’appelle Nabou AKA Umbree, j’ai 26 ans et je suis originaire de Nice. Je suis DJ et productrice de Bass Music et techno aujourd’hui. Cette année j’entame ma deuxième tournée et elle s’appelle le Storm Tour !

Comment ressens tu le déclin de la Bass Music en France ?


Aujourd’hui, enfin ça a toujours fait ça, les genres changent. Les styles préférés des gens changent, et du coup on essaye de s’adapter. Mais c’est vrai que j’essaye toujours de garder ce côté Bass Music. Beaucoup de personnes disent que ça se perd, mais je trouve qu’il y a toujours une petite étincelle !

Actuellement j’aimerai bien me tourner vers un truc beaucoup plus vénère. Donc forcément je me rapproche du genre techno, et ça me plaît de plus en plus d’en créer ! Mais toujours dans mon style, avec diverses influences, et en y mélangeant également des sonorités afro / sénégalaises.

📸 Jordan Marchand

Tu penses quoi de l’émergence de nouveaux styles comme la speed house ou l’afro house ?


J’adore ! Après l’afro house c’est pas forcément mon style, mais la speed house j’adore ça. Je prend par exemple en référence CHYL, ou encore Fahjaj. Donc ouais la Speed j’aime beaucoup car c’est rapide et vénère.

Qu’est ce que tu penses de la place des réseaux sociaux pour les artistes ?


Aujourd’hui c’est une arme qui est très utile. Avant il n’y avait pas trop cette hype sur les réseaux pour mettre en avant un artiste. Et c’est vrai que maintenant on dépend beaucoup de l’algorithme et de pleins de choses sur les réseaux. Mais c’est quelque chose qui se travaille ! Tout le monde n’est pas à l’aise avec les réseaux. Perso je fais de mon mieux :rire:. Je fais de mon mieux pour gérer ma DA, animer mes réseaux, surveiller mon feed et tout. C’est vrai que ce n’est pas toujours simple, parce qu’aujourd’hui on s’attend à ce qu’un réel ou un post perce instantanément, alors que pas forcément. On est sous une pression constance, alors que de base on est là pour faire de la musique ! Il faut se dire que si tu as une vidéo qui perce pas, et bien c’est pas grave !

Tu auras toujours des personnes derrière pour soutenir, ta commu et les gens qui te suivent depuis les débuts. C’est eux qui vont toujours écouter tes nouveautés, et qui vont les partager avec leurs amis ! Donc oui les réseaux ont pris une place essentielle, et il faut s’adapter. Chaque année il y a toujours des nouveaux trucs, que ce soit des applications, des trends, ou autre. Je dirai pas malheureusement ils sont essentiels, mais ça fait parti du jeu !

Insta | Tiktok

Justement, comment se créer une communauté ?


Déjà, je dirai qu’il ne faut pas faire comme les autres. Il faut se démarquer ! On a une chance aujourd’hui, c’est qu’on peut vraiment se démarquer. C’est vrai que maintenant on est beaucoup d’artistes quand tu compares à l’époque de Guetta et tout, mais il y a de la place pour tout le monde ! Et pour se démarquer il faut pas lâcher, et poster régulièrement sur les réseaux justement. Pas trop non plus, mais il faut poster. Il faut envoyer aux amis et à la famille. Ma première fan, ça a été ma maman ! Elle parle encore de moi à son travail :rire :, c’est énorme. Après de fil en aiguille tu te construis tout seul. Après je conseille aussi de démarcher directement. Que ce soit par mail ou par DM sur les réseaux.

Tu as lancé ta marque de textile, qu’est ce que ça représente pour toi ?


Alors j’adore les vêtements, et je suis surtout une grande fan de streetwear. Tout ce qui est oversize, un peu garçon manqué : j’adore. Parce que je suis moi même un gros garçon manqué. A l’époque en 2019, j’ai travaillé pendant 2 ans chez H&M. Je travaillais du lundi au jeudi, et le week-end je faisais ma prod. Mais j’adorais vraiment mon travail ! En plus je bossais dans le coin Homme. C’est là où j’ai découvert le stylisme et toutes les bases. Un jour je me suis dis « Pourquoi pas lancer ma propre marque de vêtements ! ». C’est là que Komi est né ! Komi c’est un nom Togolais. En fait, chaque jour de semaine au Togo représente un prénom. Et tu reçois ce deuxième nom en fonction de ton jour de naissance. Du coup pour un garçon, s’il est né un samedi c’est Komi. Ca m’est venu parce que ma mère est togolaise, et mon père est né un samedi. C’est un clin d’œil à mes parents !

Aujourd’hui c’est un peu en stand by. Je suis en train de revoir un peu la Direction Artistique, et faire d’autres t-shirts. C’est un vrai travail qui demande énormément de temps. Mais ne vous inquiétez pas, ça va revenir ! En tout cas j’étais super contente, tous les t-shirts noirs ont été sold-out, et il me reste un peu de gris. Je lâche pas ce projet !

📸 @blowamusic

Tu vas entamer ton second summer tour. Comment ça se construit ?


J’ai une nouvelle agence de booking depuis novembre 2023 : Kronos. Ma première tournée je l’ai faite toute seule ! J’ai dû travailler dur pour faire ma première tournée, le nuage tour 2023 ! Pour ça, dès que t’es sur un festival, il faut te montrer. Par exemple si tu gagnes un concours, il faut charbonner dans les backstages et parler au max aux gens. Tu sais jamais sur qui tu vas tomber.

Par exemple quand j’ai joué aux Plages Electroniques en 2022, le lendemain de mon show je rencontrais l’agent de Vladimir Cauchemar. S’en est suivi 3 dates avec lui ! Parce que le feeling est bien passé, on a beaucoup échangé et voilà ! J’ai pris mon courage à demain, je me suis dis « Je sais pas qui c’est, mais j’y vais ! ». Là par exemple, quand l’Electrobeach et La Clairière, m’ont contacté, j’étais tellement heureuse et reconnaissante !

Mais je sais ce que j’aime, et ce que je veux faire dans ma vie. Et j’ai pas le choix, il faut y aller. Et sinon tu vas être dégouté, tu vas te dire que t’as loupé des grosses occasions. T’as rien à perdre, au pire tu te prends un vent. Ca m’est déjà arrivé ! Je m’en fous, je recommence.

C’est quoi ton meilleur souvenir de show ?


Je pense c’est les Plages Electro 2022 justement. En fait à cette édition là, Damso a eu un retard d’une heure pour la mainstage. Moi j’étais bookée sur une autre scène, et ils m’ont appelé et ils m’ont dit « Damso a un retard, dans 10 minutes tu mixes sur la grande scène devant 12 000 personnes ». Et ça a été le moment où tout s’est enchaîné, j’ai rien compris à ma vie. Depuis août 2022, mon rêve se réalise, c’est un truc de malade ! Mais sinon tous mes festivals et dates j’adore et ça reste en tête !

Tu penses quoi de l’utilisation de l’IA dans la production musicale ?


Ça dépend dans quel contexte on l’utilise je pense. J’utilise très rarement voir pas du tout d’IA pour mes productions, car je veux garder ce côté naturel et très humain. Par contre je trouve que c’est intéressant sur certaines utilisations, comme pour les remixes. Si je veux remixer un track que j’aime bien, l’IA va séparer l’instrumental, le vocal et le reste. T’as tous les éléments séparés, pour faire un remix c’est hyper intéressant. C’est trop bien fait. Aussi pour les personnes qui veulent modifier leur voix, ils peuvent prendre une IA et modifier eux même leur voix, pour l’intégrer dans leurs morceaux. Donc avantage et inconvénient.

Quel est le dernier son que tu kiffes ?


J’aime beaucoup « GO » de Cat Burns. Sinon « Doowap » de Lucid Monday. C’est un genre que j’écoute pas forcément, mais je sais pas, le titre me rend heureuse, et me fait penser au soleil !

3 artistes qui vont tout casser, et à suivre absolument ?


Alors direct Naø et Elmyx, ils sont trop chauds ! En troisième je dirai Merow, j’adore ce qu’elle fait. Elle est chez STMPD Records maintenant, elle est en pleine ascension !

La production dont tu es la plus fière ?


Aujourd’hui je pense que ça reste « Lac Rose ». Ça retranscrit vraiment mes origines et c’est exactement la DA que je cherchais à faire. Elle date maintenant, ça doit faire 4 ans qu’elle est sortie ! Mais ça reste le track dont je suis la plus fière.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?


Ah je sais pas ! En vrai, que ça continue. Que mon rêve continue à se réaliser, et que je continue à faire ce que j’aime. Comme je dis, ma passion c’est ma richesse. Et c’est ma passion qui me permet de vivre !

Tu as une exclue pour nos lecteurs ?


Yes ! Je la joue justement ce soir à Lille. C’est une ID qui s’appelle « No Cap », et c’est un track plus orienté techno.

@iamumbree

#techno #music

♬ son original – breebree

Un grand merci à Umbree pour avoir répondu à toutes nos questions ! Merci également à l’équipe de HUP Records & Bistrot de St So pour l’accueil. On suit de près les actualités de la niçoise, qui ne devrait pas tarder à sortir son prochain EP 👀

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