Ce week-end, les 8 et 9 juin 2019, se déroulait la 6e édition de l’Imaginarium Festival dans les hauteurs de Compiègne dans l’Oise. L’événement, créé en 2014 par les étudiants de l’Université Technologique compiègnoise, grandit d’année en année et gagne en notoriété. Un exemple de réussite.

L’an passé, le festival affichait “sold-out” sur son site avec un record d’affluence à la clé : 13 000 festivaliers. Cette année, l’organisation étudiante a ouvert ses portes à 15 000 personnes. Ils étaient autant qu’en 2018 à se rendre sur le site du Tigre, la salle de concert, sur le plateau de Margny-les-Compiègne.

Comme chaque année, la programmation est riche, diverse et très impressionnante pour un événement qui n’a vu le jour qu’il y a six ans et initié par un groupe d’étudiants. L’Imaginarium Festival a l’art de dégoter des grands artistes en devenir, des anciennes gloires musicales et même ceux qui cartonnent actuellement. Rendez-vous compte, pour sa deuxième édition en 2015, “l’IF” s’offrait Lost Frequencies. Le producteur belge est aujourd’hui une des têtes d’affiche des plus grands rendez-vous électro. Fakear partageait l’affiche cette même année. Il y a deux ans, c’est le pionnier de la techno française Etienne de Crécy qui faisait un crochet par la Picardie.

L’affiche de la 6e édition de l’Imaginarium Festival

L’édition 2019 proposait aussi une programmation électronique pointilleuse et variée. Une star, Møme, une pointure, Joachim Pastor, des nouveautés extrêmement prometteuses, Suzane, Folamour, Contrefaçon, et des pépites locales comme Cailloux. HandsUp était sur place et vous offre un petit tour d’horizon de la scène électronique de l’Imaginarium Festival.

SAMEDI 8 JUIN 2019

C’était l’artiste le plus attendu du jour et certainement de tout le week-end, le producteur français Møme a livré un set haut en couleur (lumières), et en sonorités. Au milieu de ces tubes notoires Aloha et Playground, l’artiste niçois qui fêtera ses 30 ans fin juillet a offert aux festivaliers de Compiègne un show musical magique. Installé dans un dome transparent, l’artiste pouvait sembler couper de la foule. Et pourtant, celle-ci a répondu présente à la prestation musicale interprété par la tête d’affiche de cette 6e édition. Un mélange de pop, d’envolées planantes, et de sonorités électroniques entraînantes, la recette parfaite pour un show réussi, en témoigne la photo ci-dessous.

Crédit : Loïc Jumel

Ce samedi, c’est un autre DJ français qui a clôturé la Main Stage de l’IF. Originaire de Versailles, Joachim Pastor nous a partagé son univers musical pendant plus d’une heure.

« Désolé, mon mac s’est éteint ». Quelques minutes après le début de son set, la musique s’arrête d’un coup et les projecteurs aussi. Surpris, Joachim Pastor découvre au bout d’une poignée de minutes que son PC s’est éteint en plein live. Loin d’être inquiétés, les festivaliers ont su patienter quelques minutes avant que l’artiste électro reprenne une longue montée mélodique. C’est sa marque de fabrique. Sa musique très instrumentale et ses rythmes très mélodiques produits à l’aide de sa guitare s’écoutent autant chez soi qu’en festival. Ce soir-là, on a pris une claque tant l’électro du Français était à la fois douce et puissante. Un régal. Si vous ne connaissez pas, on vous laisse un avant-goût avec un de ses meilleurs remix, un bijou :

DIMANCHE 9 JUIN 2019

Autant nous connaissions les deux artistes électro principaux du premier jour, autant ceux du dimanche nous l’étaient beaucoup moins. Une journée sans attente particulière mais marquée par trois belles découvertes. Cailloux, Suzane et Folamour.

Il est 14h40 dans la SG Arena. Cailloux, jeune DJ local, est à quelques minutes de jouer sa première grande scène tandis que les festivaliers s’accumulent sous le chapiteau. Celui qui a gagné le tremplin “Crous” a remporté un créneau de 45 minutes sur une des deux scènes principales du site. Trois quarts d’heure que nous retenons parmi notre top de ce week-end. Le producteur compiégnois a entamé cette seconde et dernière journée de concerts par un set techno planant de qualité. Cailloux a parfaitement lancé la journée des festivaliers, qui ont pu, comme nous, découvrir un artiste très prometteur aux sonorités particulières qui ont fait écho au set de Joachim Pastor, la veille au soir, avec de longues montées instrumentales puis des drops entre techno et pop house.

Cailloux (à droite) accompagné d’ABRAN (à gauche) jeune producteur de musique électronique et guitariste, pour l’intro de son set sur la SG Arena de l’Imaginarium Festival
Crédit : Paul Abran

Un peu plus tard dans l’après-midi, c’est la chanteuse Suzane qui nous a agréablement surpris. Elle qui se définit comme « compteuses d’histoires vraies sur fond d’électro » incarne parfaitement la définition qu’elle se donne d’elle. Sur la Main Stage elle est seule, avec son pad et un micro. Mais la scène n’est pas si grande pour Suzane. C’est un véritable électron libre qui saute, danse et chante sur chaque coin de la scène. Ses titres sont accompagnés de drops électro très house, très dynamiques et qui ont même entraîné la foule dans les pogos. Les larmes aux yeux, Suzane a salué le public compiégnois. C’est certain, elle va être l’un des phénomènes des mois à venir. En avril dernier, elle a sorti un EP éponyme, en attendant l’album courant 2019 ! Suzane, écoutez (La Flemme, ci-dessous) et retenez ce nom.

La nuit à l’Imaginarium Festival, à partir d’1h du matin, c’est direction la SG Arena sous le chapiteau. Toute la journée, des artistes de genres musicaux différents (reggae, rock, pop, électro, rap) se succèdent mais la nuit, place à l’électro. Samedi soir déjà, deux membres de Contrefaçon ont livré un set complètement déjanté. Une heure de son décalé, ultra puissant, poussant les décibels à l’extrême avec, en background, des clips vidéos complètement délirant. Difficile de définir leur musique si ce n’est un mélange de psy, acid techno et autres genres électro qui tabassent !

Le dimanche soir, c’est Folamour qui a conclu la série des sets électro de l’IF 2019. Cet artiste français est passé par tous les genres et notamment le jazz et la pop. Deux genres que l’on retrouve au coeur de sa musique. Une électro orientée vers de la disco house et de nombreuses mélodies instrumentales (guitare, percussions, basse), de quoi parfaitement terminé ce week-end de festivités en terres picardes.

Ils sont plus de 13 000 à s’être donné rendez-vous à l’Imaginarium Festival cette année.
Crédit : Paul Abran

L’organisation étudiante de l’Imaginarium Festival peut se féliciter d’une nouvelle édition amplement réussie avec une programmation encore une fois riche et talentueuse, tant chez les têtes d’affiche que chez les locaux. Rendez vous les 30 et 31 mai prochains pour la 7e édition !